Pesticides non merci !

Le syndicat des nappes propose un accompagnement des communes vers un changement de leurs pratiques d’entretien des espaces publics. En effet, la loi Labbé (2014), épaulée par la Loi de Transition énergétique, impose un arrêt total de l’utilisation de produits phytosanitaires, par les collectivités, sur les espaces publics d’ici le 1er janvier 2017, et d’ici le premier janvier 2019 pour les jardiniers amateurs.

flèche

Mais d’abord, qu’est-ce qu’un pesticide ?

Un pesticide, ou produit phytosanitaire ou encore produit phytopharmaceutique est une substance appliquée sur une culture ou un support végétal pour lutter contre les organismes considérés comme nuisibles.

bombe

Cette substance peut-être totalement chimique (créée artificiellement) ou bien « naturelle » c’est-à-dire créée avec des substances végétales (la pyréthrine[1] par exemple).

Où les trouve-t-on ?

Tout le monde a chez soi au moins un produit phytosanitaire :

utilisateurs

Les shampooings anti-poux, les colliers pour chiens, les bombes insecticides contre les mouches, les moustiques… Les agriculteurs utilisent des pesticides pour lutter contre les organismes qui nuisent à leurs cultures ou à leur élevage.

On les trouve également chez les particuliers qui usent (et abusent !) des pesticides dans leurs jardins.

Ces produits se retrouvent tôt ou tard dans les égouts, par le réseau d’assainissement, dans les nappes d’eau souterraines, en s’infiltrant dans la terre ou dans les rivières, en ruisselant sur des sols imperméabilisés.

Quels effets sur la santé ?

Les pesticides sont bien connus pour leur dangerosité: ils sont susceptibles d’intoxiquer l’applicateur du produit (toxicité aiguë), ou encore entraîner des méfaits à plus long terme comme par l’alimentation par exemple (toxicité chronique). Leur rémanence[2] dans l’environnement est parfois élevée : 30 ans après, on retrouve encore des dérivés des triazines[3] dans l’eau !

02troubles102troubles5

Les pesticides sont associés aux perturbateurs endocriniens et liés à des maladies et à l’infertilité.

Comment s’en passer ?

Pour l’herbe :

Tout d’abord, il est utile de se poser la question :

« En quoi les herbes que je souhaite enlever me gênent-elles ? »

L’herbe va se développer aux endroits où sa pousse est favorisée. Le long d’un muret, entre deux plants de tomates, entre les pavés ! Typiquement, elle va pousser exactement aux endroits où vous ne la souhaitiez pas.

Il existe de nombreuses méthodes pour permettre d’éviter la pousse de ces herbes non désirées.

  • Le paillage
    • minéral (avec des cailloux, des morceaux de tuiles, de pots cassés…)
    • végétal (avec du broyat de plantes de votre jardin, des écorces de pin)
  • Les plantes couvre-sol (il en existe une grande quantité, des alysses, des sédums, du millepertuis… uniquement des végétaux qui résistent à la sécheresse, nous sommes dans le sud !)
  • L’eau des pâtes ! (chaude et chargée en amidon, elle détruira la plante en profondeur et sera très efficace sur de petits végétaux)
  • Le vinaigre blanc (excellent défoliant, il permet, dilué avec de l’eau, de détruire toute la partie aérienne de la plante indésirable. Attention toutefois à ne pas en abuser, il acidifie le sol.)

Pour les insectes et les maladies :

Le travail du sol favorise une bonne aération de la terre et permet à la faune qui y vit (les vers de terre par exemple) de bien se développer et de participer à la lutte contre les maladies.

Il existe également des solutions pour se passer de produits phytosanitaires :

  • Ne pas arroser sur les feuilles (cela évite l’apparition de champignons)
  • Si des pucerons ont élu domicile sur vos rosiers, tomates, agrumes, ou autres, pulvérisez de l’eau additionnée de liquide vaisselle et d’alcool ménager (1L d’eau + 2 cuillères à café de liquide vaisselle + 2 cuillères à café d’alcool ménager).
  • Si vos plantes sont sujettes au « mildiou », pas de panique, diluez du bicarbonate de soude (5g) dans de l’eau (1L) ajoutez un peu de liquide vaisselle et pulvérisez tout ça ! Le mildiou n’aime pas le changement de pH d’un milieu, il disparaîtra au bout de quelques jours.

Dans tous les cas, il conviendra de choisir des végétaux adaptés au climat de nos régions, elles ne résisteront que mieux à la sécheresse et aux maladies.

Le guide « Mon jardin d’agrément au naturel » proposé dans la rubrique Documentation vous permettra de repenser vos moyens de lutte contre les herbes sauvages et contre les insectes et autres maladies, en toute sécurité…

[1] Substance dérivée des fleurs de Pyrèthre de Dalmatie, utilisée en tant qu’insecticide.

[2] Persistance d’un pesticide au-delà de sa période normale d’activité.

[3] Molécule herbicide interdite en 2003 par la Commission Européenne